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Après avoir crée les GIA avec le Maroc, Mitterand et le Mossad le général Toufik élévé par les jésuites et profondément anti-musulman; le général Toufik a conseillé les américains pour la création de Al Qaida et l'attentat du 11 Septembre d'ailleurs il était présent le 11 Septembre 2001 pour superviser cet attentat terroriste dont il était l'architecte !

 L’ancien directeur du service de renseignement américain, la CIA, George Tenet, évoque dans ses mémoires parus en mai 2007 aux éditions HarperCollins sa rencontre avec le chef du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) récemment mis à la retraite, le général de corps d’armée Mohamed Mediene, un certain 11 septembre 2001. Le général Toufik se trouvait à Washington dans le cadre d’une mission officielle, alors même que se déroulait l’attentat contre le World Trade Center, à New York. George Tenet, qui a démissionné de la direction de la CIA en 2004 – un poste qu’il occupait depuis 1997 –, décrit le général Toufik en ces termes : «Le général Mohamed Mediene comprenait la douleur que nous éprouvions et connaissait le défi que constitue le terrorisme. Il ne pouvait que ressentir, avec dignité, de la compassion à l’égard de notre souffrance.» Un témoignage d’autant plus sincère que George Tenet admet que les Etats-Unis «n’avaient pas vraiment compris l’envergure de la menace terroriste avant le 11 septembre 2001», affirmant n’avoir pas été écouté avant les attentats de New York et Washington, alors qu’il voulait communiquer des «informations alarmantes sur une attaque terroriste en préparation», selon des médias américains à qui l’auteur avait accordé des interviews suite à la sortie de son pamphlet. L’ancien patron de la CIA consacre à son homologue algérien un passage concis mais empreint de respect, dans son essai intitulé Au cœur de la tempête : mes années à la CIA. Un ouvrage dans lequel il s’en prend sans ménagement à la politique de l’administration américaine et critique sévèrement le bellicisime de Georges W. Bush qu’il accuse d’avoir décidé d’entrer en guerre sans en avoir, au préalable, débattu avec les responsables du pays. Dans son livre, George Tenet accuse la Maison-Blanche d’avoir falsifié les rapports du renseignement et inventé une relation fictive entre Saddam Hussein et Oussama Ben Laden. Les deux hommes seront, d’ailleurs, exécutés par les services secrets américains sans doute pour taire toute révélation sur le rôle de ces derniers dans les événements qui secouent le monde arabe depuis la guerre du Golfe. A ceux qui l’accusent d’avoir gardé le silence jusqu’à 2007, l’ancien patron de la CIA rétorque que s’il n’avait jamais rendu publique son opinion sur ce qui s’était passé avant la seconde invasion de l’Irak en 2003, il n’a cependant pas manqué de la faire connaître «à l’administration» dans le cadre de son «travail». Les Etats-Unis ont toujours applaudi le rôle de l’Algérie dans la lutte antiterroriste et mis en avant l’expérience de l’armée algérienne dans la guerre contre ce phénomène transnational. Le récit de George Tenet confirme, en tout cas, l’existence d’une coopération étroite entre les services de renseignement algériens et américains qui ne date pas d’aujourd’hui. Même s’ils ne sont pas toujours écoutés par les décideurs politiques des deux pays !

Tewfik et la « machine de mort »

Le général « Tewfik » Médiène a été le principal organisateur de cette stratégie de guerre contre-insurrectionnelle, qui a fait des dizaines de milliers de morts et de disparitions forcées de 1992 à 2000 (une stratégie directement inspirée de la « doctrine de guerre révolutionnaire », ou « DGR », théorisée et mise en œuvre par l’armée française contre le peuple algérien à partir de 1954, lors de la guerre de libération engagée par les nationalistes du FLN). Autant de crimes contre l’humanité, selon la définition donnée par les statuts de la Cour pénale internationale (CPI). Des centaines d’officiers supérieurs des forces spéciales de l’ANP et du DRS en ont alors été les acteurs ou les complices, tandis que des milliers de soldats du rang n’avaient d’autre choix que de faire le « sale boulot » (comme avant eux les soldats français mobilisés en Algérie pour « casser le bougnoule »). Depuis 1997, Algeria-Watch s’efforce de documenter leurs exactions, dans la perspective d’actions judiciaires qui permettront à leurs victimes de faire reconnaître leurs droits.

Après une carrière parfois chaotique après l’indépendance au sein de la Sécurité militaire, la police politique du régime, Tewfik a été promu à sa tête en 1990 (quand elle est devenue « DRS »), à l’initiative du général Larbi Belkheir qui était alors l’« homme fort » du régime. Déjà considérables, les pouvoirs du DRS et de son chef vont s’étendre encore à partir du coup d’État militaire du 11 janvier 1992, dont les promoteurs déposent le président Chadli Bendjedid et annulent le second tour des élections législatives qui allaient être remportées par le Front islamique du salut (FIS). Avec son adjoint Smaïl Lamari, dit « Smaïn » (1941-2007)7, Tewfik sera ensuite le principal concepteur et organisateur d’une véritable « machine de mort » clandestine visant à « éradiquer » toute opposition – islamiste ou non –, par tous les moyens : torture généralisée, disparitions forcées et exécutions extrajudiciaires par milliers, manipulations des groupes armés se réclamant de l’islam, déplacements forcés de population, élimination systématique des officiers en désaccord avec cette politique… Une entreprise conduite par ces deux hommes en étroite concertation avec les autres généraux « janviéristes » – le putsch a eu lieu en janvier 1992 – à la tête du gouvernement, de l’Armée nationale populaire (ANP) ou du DRS : Larbi Belkheir, Khaled Nezzar, Abdelmalek Guenaïzia, Mohammed Lamari, Mohammed Touati (ainsi que de leurs complices civils). La principale motivation de ces hommes n’était aucunement idéologique ou « républicaine » : il s’agissait pour eux de préserver à tout prix les circuits de corruption et d’enrichissement qu’ils avaient construits à leur profit depuis le début des années 1980, en éliminant ou en retournant tous ceux qui auraient pu les mettre en cause – les islamistes au premier chef – et leurs partisans, par un véritable « terrorisme d’État » – une politique globalement avalisée par les gouvernements français successifs (voire activement soutenue par certains d’entre eux).

Depuis plus de quinze ans, les modes d’action de ce terrorisme d’État, le détail de ses exactions et les noms de leurs responsables ont été largement et rigoureusement documentés par les enquêtes d’ONG nationales et internationales de défense des droits humains, les témoignages d’officiers dissidents et de familles des victimes, ainsi que par des enquêtes de journalistes indépendants8. Ces publications ont attesté que la « guerre contre les civils » des années 1990 en Algérie s’inscrit bien dans le sinistre cortège des tueries d’État industrialisées recensées depuis la Seconde Guerre mondiale : celles où, en dehors des guerres coloniales et des guerres interétatiques, les victimes nationales se comptent à chaque fois en centaines de milliers (Indonésie, Chine, Cambodge, Guatemala, Colombie, Soudan, Congo-Kinshasa, Sri Lanka, Rwanda, Tchétchénie, pour ne citer que les principales).

Certains des crimes contre l’humanité commis alors à l’initiative de Tewfik Médiène et de ses collègues ont notamment été révélés en 2001 par le lieutenant dissident Habib Souaïdia, dans son livre La Sale Guerre, où il relatait les atrocités dont il avait été le témoin9. Puis par un autre officier dissident en 2003, le colonel Mohammed Samraoui, qui a détaillé dans sa Chronique des années de sang les modalités de l’instrumentalisation de la violence « islamiste » par les chefs du DRS et de l’ANP10. En octobre 2003, Algeria-Watch et le militant algérien Salah-Eddine Sidhoum ont publié le rapport Algérie, la machine de mort, qui établissait en détail, témoignages à l’appui, le fonctionnement de l’appareil répressif largement clandestin mis en œuvre par ces derniers11. En 2004, dans un livre de référence, Françalgérie. Crimes et mensonges d’États, les journalistes Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire ont très précisément synthétisé et mis en perspective l’ensemble des informations alors disponibles permettant de comprendre la mise en place de cette « machine de mort », ainsi que la complicité des autorités françaises dans ce processus12. Un travail complété et détaillé, la même année, par le Comité justice pour l’Algérie, organisateur à Paris de la 32e session du Tribunal permanent des peuples consacré aux « Violations des droits de l’homme en Algérie, 1992-200413 ». Et depuis lors, Algeria-Watch n’a cessé de documenter, par de multiples études et communiqués, le rôle du DRS et de son chef Tewfik dans ce terrorisme d’État, toujours actif en 2015, certes sous de nouvelles formes.

Mais force est d’admettre que toutes ces informations, pourtant assez facilement vérifiables, n’ont guère été reprises à l’époque par les médias occidentaux, notamment français, que la plupart ont alors ignorées. D’où leur perplexité quand ils ont dû, dix ans plus tard, tenter d’expliquer les raisons du départ de « Tewfik », parfois qualifié de « dieu de l’Algérie » dans la presse algérienne elle-même. Ces médias ont en effet été les premières cibles du dispositif sophistiqué de désinformation déployé dans les années 1990 par le chef du DRS et ses collègues, visant à cacher la réalité du terrorisme d’État qu’ils mettaient en œuvre : leur pari étant que l’ennemi désigné par eux étant le « barbare islamiste », les médias français et occidentaux fermeraient les yeux sur la barbarie d’État mise en œuvre pour l’« éradiquer ».

Un pari malheureusement gagné pour l’essentiel, comme l’atteste entre mille exemples le silence qui a accueilli en France la publication en 2008 du bouleversant et révélateur témoignage posthume du journaliste algérien Saïd Mekbel, assassiné le 3 décembre 1994 par des « islamistes »14. Dans ces entretiens accordés à l’automne 1993 à la journaliste allemande Monika Borgmann, l’éditorialiste du quotidien Le Matin – où il soutenait pourtant avec constance la politique d’« éradication » des islamistes poursuivie par les généraux janviéristes – expliquait pourquoi il était convaincu que les meurtres d’intellectuels laïques qui se multipliaient depuis quelques mois, attribués aux GIA (ou revendiqués par eux), étaient en réalité commandités par le général « Tewfik » Médiène : il s’agissait selon lui d’un « terrorisme pédagogique », visant à « réveiller la société civile »15. Et il disait sa conviction que s’il était tué à son tour, ce serait sur son ordre.

 

Evincé en 2015, bien vu de la nouvelle administration américaine, l'ex patron des renseignements "Toufik" exerce toujours de l'influence au sein de l'appareil sécuritaire algérien.

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Saidani «Le Batard Toufiq est responsable des attentats de Tibhirine, Tiguentourine .skikda

Il n’est plus officiellement en fonction. Mais de sa maison à Club-des-Pins, où il est officiellement à la retraite, le général Toufik, ex patron des renseignements algériens, continue de conseiller et de recevoir des proches ainsi que des dirigeants influents.

Depuis septembre 2016, ses relations avec les Bouteflika s’améliorent sensiblement. Le « limogeage » d’Amar Saâdani, l’ex-patron du FLN, en octobre 2016 était le gage exigé par le général pour se réconcilier définitivement avec le clan présidentiel. Une réconciliation saluée par les partenaires américains de l’Algérie et le retour des républicains à la Maison Blanche semblent redonner de la vigueur à la légende du général Toufik.

« Un agent exceptionnel » 

Des les premiers échanges entamés, la nouvelle administration installée à la CIA par Mike Pompeo et leurs homologues au sein de la toute nouvelle Direction des Affaires sécuritaires (DAS), la nouvelle entité qui a remplacé officiellement le DRS depuis fin janvier 2016,  le nom du général Toufik est revenu à maintes reprises dans les discussions bilatérales. « Pour les américains, le général Toufik a toujours été un partenaire fiable, un homme d’expérience et un agent exceptionnel », confie à Mondafrique un lieutenant-colonel encore en poste dans le nouvel organigramme de la DAS. « Les américains gardent toujours en souvenir le réseau impressionnant du général Toufik dans les pays limitrophes notamment en Libye », estime notre source selon laquelle les relais algériens en Libye, au Mali ou en Syrie constituent une force de frappe qui intéresse la CIA et les autres agences occidentales.

« Avant son départ de la tête du DRS, le général Toufik a réuni autour de lui pas moins de 1200 agents. Lors de son discours d’au-revoir, il avait beaucoup insisté sur l’importance cruciale de protéger nos sources et de continuer à valoriser notre travail d’infiltration », assure notre interlocuteur. Le retour des républicains à la tête de la CIA va-t-il donc redonner une nouvelle influence au général Toufik ? Oui, répond un autre capitaine de la police judiciaire qui vient d’être réactivé au sein des services dirigés par le général-major Tartag. « Les américains se souviennent très bien de ce voyage du général Toufik en été 2001 où nos services avaient établi un rapport détaillé sur une potentielle menace terroriste sur le sol américain. A l’époque nos agents infiltrés en Afghanistan et au Soudan avaient recueilli des informations précieuses. Malheureusement, les américains n’avaient pas étudié avec justesse nos rapports et le menace a été prise au sérieux après le funèbre 11 septembre », raconte notre source.

Réchauffement des relations avec Bouteflika

Le 11 septembre marque justement un tournant majeur dans les relations entretenues par le général Toufik avec ses partenaires américains et occidentaux en général. Quelques mois plus tard, il revient en 2001 à Washington pour rencontrer des responsables de la CIA. Les échanges sont intenses et cette fois-ci, les américains tendent une oreille attentive à celui qui leur a suggéré de ne pas entrevoir une action armée en Libye dans les années 80. A l’époque, le général Toufik était l’attaché militaire de l’ambassade d’Algérie à Tripoli.

Aujourd’hui, avec les nouveaux défis géopolitiques que suscite la situation libyenne, le général Toufik ne risque pas de s’ennuyer à cause de sa retraite. Il joue pratiquement le rôle de conseiller de l’ombre de la Présidence algérienne. Et Abdelaziz Bouteflika sait pertinemment que sa présence dans les arcanes du pouvoir algérien va rassurer les Etats-Unis et l’Europe avides de stabilité et de paix régionale.

Premier signe du retour en force de l’idéologie du général Toufik : la réintégration quasiment officielle des officiers du DRS dans les multiples administrations et cabinets ministériels alors qu’en 2016 leur retrait avait été ordonné par le Palais d’El-Mouradia. « La fiche bleue », la fameuse procédure du DRS par laquelle tout futur haut responsable ou ministre doit passer avant que sa nomination ne soit validée est toujours d’actualité à Alger. Comme ses amis américains, Abdelaziz Bouteflika a tiré la leçon du passé : il ne veut plus se priver de l’expérience incontournable d’un vieux renard du renseignement.

Le remodelage de certaines structures de l’armée, notamment le rattachement de certaines directions du Département du Renseignements et de la Sécurité (DRS) à l’état-major  de l’armée nationale populaire (ANP) et le limogeage de plusieurs généraux réputés proches du général de corps d’armée Mohamed  Médiène dit Toufik , patron de ce département, a été dicté par les les services américains et britanniques qui ont voulu un tel nettoyage dans les rangs de l’armée.

Ce sont les propos de Hocine Malti, ancien vice-président de la Sonatrach, consultant, et auteur de « Histoire secrète du pétrole algérien » qui s’exprimait, mardi, dans un entretien paru sur les colonnes du quotidien algérien Liberté. Il a expliqué que « l’attaque de Saâdani contre Toufik a poussé ce dernier à réagir par le biais de trois personnages qui ont couru à son secours : le général à la retraite Hocine Benhadid qui s’est attaqué au chef de l’état-major, Aboud Hichem qui a descendu en flammes Saïd Bouteflika et le Dr Chafik Mesbah qui a tenté de blanchir le DRS, allant jusqu’à lui trouver une volonté d’instaurer une société démocratique. Parallèlement, le DRS a maintenu la pression sur le chef de l’État au sujet d’un éventuel soutien pour un 4emandat. Ce qui a fait que, miracle à l’algérienne, les affrontements ont cessé et, quelque temps après, Bouteflika a annoncé sa candidature à sa propre succession ». A la question si la candidature du président de la République pour sa propre succession à l’occasion du scrutin présidentiel du 17 avril a été le résultat d’un consensus au sommet de l’État, Malti soutient que « la fracture au sein de l’armée est profonde et le cessez-le-feu n’est que temporaire. Ma conviction est que les affrontements vont reprendre à l’occasion notamment de la désignation du vice-président, après l’amendement de la Constitution ». Comme il prédit que « l’alternative tout aussi détestable qui nous attend est que les deux clans s’entendent sur un partage du pouvoir et de la rente afin de faire perdurer le système en place depuis 1962. Il faut espérer que ce qui nous attend ne sera pas une nouvelle guerre civile. Car, de mon point de vue, un affrontement entre les deux clans de l’armée présenterait les prémices d’une situation à la libyenne ou à la syrienne ». Revenant sur l’éventualité d’un 4e mandat de Bouteflika, Hocine Malti affirme que « pour le moment, avec le 4emandat, l’Algérie est repartie pour une nouvelle période de glaciation à la Brejnev ; période qui, pour 4 ou 5 ans, selon la volonté divine, sera dirigée par un homme incapable de parler, incapable de se mouvoir, incapable de voyager, incapable de participer à des forums internationaux ».

Abordant le dossier de la corruption notamment sa lettre d’interpellation de Toufik au sujet de l’affaire Sonatrach II, il soutient que « la justice algérienne n’a pas avancé d’un iota. Si les Italiens et les Canadiens n’avaient pas dévoilé en 2013 certaines magouilles et cité des personnes, dont notamment Chakib Khelil et Farid Bedjaoui, on n’en aurait rien su. Je suis convaincu qu’il n’y a rien à attendre de la justice algérienne qui va s’arranger pour étouffer toutes ces affaires d’une manière ou d’une autre ». Pour lui la raison de cet état de fait  est qu’ »autrefois, c’était le général Larbi Belkheïr qui était le parrain en chef pour tous ces gros contrats, pour les très grosses commissions. Aujourd’hui, c’est Saïd Bouteflika qui est le chef d’orchestre de la grande corruption ».*Par Mourad Arbani | 09/04/2014-Algerie1.com et Liberté

 

L’ancien vice-président de la Sonatrach, et auteur de « Histoire secrète du pétrole algérien », reconverti depuis quelques années en « stratège » du renseignement, vient de remettre une couche à son long réquisitoire contre le Département du renseignement et de la sécurité (DRS).

Dans l’entretien qu’il a accordé à Liberté depuis Montréal, Malti a tenté par une analyse approximative voire tendancieuse de lier les réaménagements apportés dans la hiérarchie du DRS notamment le rattachement de certaines directions à l’état-major de l’armée nationale populaire (ANP), aux services américains et Britanniques. Rien que cela !

Tous les algériens savaient déjà que nous dépendons de l’étranger y compris dans le contenu de nos assiettes. Ils savent aussi que beaucoup de firmes des pays occidentaux bénéficient des contrats juteux moyennant quelques dividendes politiques pour le régime. Mais ils ne savent pas que même nos services exécutent les ordres de leurs homologues américains Britanniques.

Assurément, Hocine Malti est allé trop loin cette fois, aussi loin que le Canada où il débite sa littérature. Dans sa volonté de se venger (de qui d’ailleurs ?) cet ancien pétrolier s’est explosé de manière désagréable au risque de mettre la sécurité nationale en danger. Que doit penser un algérien basique en apprenant ainsi que les commandement des services secrets de son pays est décidé ailleurs ? Pire encore au niveau de la CIA et du MI6 ?

DRS ? C’est la CIA et le MI6 !

C’est une bombe que vient de lâcher Hocine Malti non pas uniquement contre les services de son pays mais également contre le pays tout court. Soutenir sans aucune preuve que le limogeage de plusieurs généraux réputés proches du général de corps d’armée Mohamed Mediène dit Toufik, patron du DRS ait été « dicté par les services américains et britanniques qui ont voulu un tel nettoyage dans les rangs de l’armée » est d’une gravité extrême.

Qui pourra croire que la CIA et le MI6 avaient cette « prérogative » de « nettoyer dans les rangs de l’armée algérienne ? ». Hallucinant ! Même dans les républiques bannières, il n’est pas évident d’entrer aussi facilement dans la « surface de réparation ». Malti suggère ainsi que l’armée et le président Bouteflika ont vendu le pays… Il ne manquerait alors plus qu’à inviter publiquement les USA et le Royaume Uni à venir s’installer chez nous puisque ils décident même des généraux à remplacer ou limoger. Tout de même…

En service « pour la vente » ?

Hocine Malti ne nous dit cependant pas pourquoi l’armée algérienne et le DRS censés obéir au doigt et l’oeil d’après lui, aux américains et britanniques, n’ont pas écouté leurs ordres quand il s’était agit de donner l’assaut contre le groupe terroriste à Tiguentourine. Autre question : Hocine Malti qui conseille beaucoup de multinationales spécialisées dans l’exploitation des hydrocarbures, n’a curieusement pas cité les services français. Mystère… A moins qu’il ne s’agisse précisément d’un « conseil » à qui de droit, à savoir qu’il faille fermer les vannes aux firmes américano-britanniques et les ouvrir à d’autres où notre consultant opère…

Hocine Malti en VRP ?

Possible compte tenu de son « job ». Mais, il faut reconnaître qu’il a dépassé les bornes par dessus tout ce qu’on pourrait penser de ce DRS. Son propos est une grave incitation à la violence. « La fracture au sein de l’armée est profonde et le cessez-le-feu n’est que temporaire. Ma conviction est que les affrontements vont reprendre à l’occasion notamment de la désignation du vice-président, après l’amendement de la Constitution », a-t-il dit. Pire encore, l’ingénieur pétrolier estime dans sa vision apocalyptique, qu’un « un affrontement entre les deux clans de l’armée présenterait les prémices d’une situation à la libyenne ou à la syrienne « . Waoo ! « Allah Yehdik » ya Si Hocine…! *Par Rafik Benasseur | 09/04/2014-Algerie1.com

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«C’est le système qui est candidat»

«C’est un véritable hold-up de la souveraineté populaire»

Dans cet entretien, Maâmar Benguerba, ancien député et ancien ministre des Affaires sociales et du Travail du gouvernement de Ahmed Benbitour, s’exprime sur le contexte politique dans lequel se tient l’élection du 17 avril. Pour ce fin observateur de la vie nationale, qui a prévu bien avant tout le monde les soubresauts qui agitent les régions du sud du pays du fait de leur marginalisation par les politiques publiques de développement, la candidature de Bouteflika n’est que la partie apparente de l’iceberg. «C’est le système qui est candidat», affirme-t-il.

-La candidature de Bouteflika pour un 4e mandat divise la classe politique et l’opinion publique. Selon vous, l’équation politique est-elle bien ou mal posée ? Le sort de Bouteflika est-il dialectiquement lié à celui du système en place ?

**Il faut se souvenir que sa cooptation par les décideurs, en 1999, ne faisait déjà pas l’unanimité. J’étais parmi ceux qui la contestaient en soutenant une autre candidature. Néanmoins, de larges couches de la population s’y étaient ralliées. Subjuguées par la rhétorique, les ambitions et les promesses. L’énergique accroissement du prix du pétrole dans les années qui suivirent a contribué à la valider, avec une mise en œuvre boulimique de projets publics. Avec le temps, beaucoup de gens se sont ravisés. Les résultats escomptés n’ont pas été au rendez-vous. Les affaires de corruption, la gabegie des finances publiques, l’incompétence des responsables, la multiplication des problèmes sociaux et l’usure du pouvoir ont amplifié la désaffection.

Aujourd’hui, il est soutenu essentiellement par ceux qui tirent des profits personnels de sa mandature ou qui redoutent, pour une raison ou une autre, son départ. Pour ce qui est de la deuxième partie de votre question, je vous rappelle que le Président est le produit d’un système qui fonctionne selon des règles claniques. Imaginer qu’il peut entreprendre, comme il est dit ça et là par ses partisans, des initiatives antinomiques à la pérennisation du système est totalement exclu. C’est d’ailleurs le système lui-même qui est candidat puisque Bouteflika n’est que la partie apparente de celui qui aurait à diriger effectivement le pays après l’élection. Son identité n’est connue que par un groupe très limité au sein du système. C’est un véritable hold-up de la souveraineté populaire qui est programmé avec cette candidature.

-Des personnalités politiques en vue, à l’instar de l’ancien président Liamine Zeroual, ou des anciens chefs de gouvernement (Hamrouche ou Ghozali) sont intervenues dans le débat électoral. Quelle lecture politique en faites-vous ?

**Au risque de schématiser à l’extrême les interventions des éminentes personnalités que vous citez, je dirais qu’elles présentent deux aspects. Le premier a trait au constat unanime qu’elles font de l’Etat et des sombres perspectives qui s’offrent au pays. Le niveau des responsabilités assumées leurs permettent de connaître les différents et d’estimer le rapport des forces à l’intérieur du cœur du système de pouvoir. Leur évaluation est, à mon avis, extrêmement précieuse. Elle nourrit une effrayante inquiétude quant à l’avenir.  Pour le deuxième aspect, j’ai perçu, paradoxalement, une divergence fondamentale quant aux recommandations.

Le président Zeroual affiche une préférence pour la poursuite du processus électoral, et donc privilégie un arbitrage populaire pour solutionner les différends existant à l’intérieur du système et éviter les dérapages suicidaires qui pourraient surgir. Il témoigne d’une confiance en le citoyen. Par contre, pour Mouloud Hamrouche et Sid Ahmed Ghozali, l’élection est insignifiante et quasiment déjà pliée. Le premier propose clairement au système de s’autodétruire en indiquant le moyen d’y parvenir ; quant au second, il se situe dans le cadre d’une négociation entre un pouvoir régénéré et des forces sur le terrain impuissantes. Sincèrement, je ne vois pas le président fraîchement reconduit se prévalant d’une nouvelle onction populaire, se rallier à l’une ou à l’autre de ces deux propositions. Les deux personnalités paraissent, objectivement, envisager une prolongation de la durée de vie du système de pouvoir.

Des voix se sont élevées, dont celle de l’ancien général à la retraite Mohamed Tahar Yala, appelant à l’interruption du processus électoral pour barrer la route à l’aventurisme politique du 4e mandat de Bouteflika et sortir de l’impasse politique dans laquelle le pays se trouve.
Il faut rendre l’interruption du processus électoral inopérante. Il faut empêcher la poursuite de la politique de désarmement de la souveraineté populaire, de désertification économique du pays, de délitement du système éducatif et d’approfondissement de la fracture sociale et territoriale. Le 4e mandat sollicité ne relève pas de l’aventurisme politique, il procède d’un choix de société rejeté intuitivement par une majorité de la population. Il a des partisans.

La société est victime d’une dépolitisation menée depuis longtemps par le système. Une série de lois, de règlements, de manipulations et d’agissements ont étouffé les prises de conscience et la contestation globale. La conséquence est stupéfiante puisque même des leaders politiques, en dehors du pouvoir, doutent des aptitudes et des capacités de la société à s’organiser et à se défendre. C’est «la» et «le» politique qui ont été bannis de l’espace national. Au métier noble s’est substitué la magouille, la corruption et autres maux innommables. Le résultat est qu’à un mouvement conscient, organisé et structuré se substituent des jacqueries et des émeutes récurrentes, parfois destructrices de biens publics et privés. Je pense que nous n’avons pas encore compris la gravité que le vivre-ensemble devient de plus en plus, dans des parties du territoire de plus en plus nombreuses, impossible. Le pays s’émiette progressivement. Il se désarticule lentement. En silence.

-L’élection du 17 avril va se tenir dans un contexte politique particulièrement tendu : surenchère verbale, actions de protestation de rue, violence et dégradation de biens publics, répression policière, meetings du candidat Bouteflika chahutés, déchaînement sur la Toile… La situation inspire-t-elle de l’inquiétude ou tout cela ne serait-il que mise en scène pour tenter de donner quelque crédit à ce scrutin, comme le laissent entendre certains ?

**Toute élection de ce niveau connaît des dépassements. Ils sont plus ou moins graves. Plus ou moins nombreux. Que certains faits soient plus amplifiés que d’autres, cela relève de parti pris de ceux qui rapportent l’événement. Mais en gros et jusqu’à présent, la campagne électorale se déroule correctement sur ce plan. Par contre, je pense que le rôle joué par les télévisions satellitaires privées, en faisant la promotion d’un seul candidat, entache gravement la sincérité du scrutin. Ce seul fait pourrait fonder les autres compétiteurs à demander l’annulation du résultat. Les médias publics, qui ne sont pas en reste dans ce dérapage, arguent des cahiers des charges qui les régissent. Les agents de l’Etat qui se sont mis volontairement au service du candidat du système doivent s’expliquer. Là aussi, les instances habilitées devraient intervenir pour mettre un terme aux abus de détournement de biens publics.

-Les partisans de Bouteflika agitent le spectre de la stabilité promu en tant que thème central de la campagne de leur candidat pour capter l’électorat. Y a-t-il réellement péril en la demeure ?

**D’abord, de quelle stabilité il s’agit ? Et au profit de qui ? Les énormes dépenses publiques pour acheter la paix sociale représentent une hypothèque de l’avenir des jeunes générations. C’est le volcan de demain. Les sommes dépensées contribuent aussi à enrichir une couche sociale dont le système pense pouvoir faire son socle de légitimation populaire. Mais comme elle est mouvante et fragile, elle est elle-même mise en danger par une ouverture économique débridée.

Elle ne peut pas accumuler au-delà d’un certain seuil. Elle se dressera contre ce frein à son essor. Est-ce qu’il y a, comme vous dites, péril en la demeure ? Sûrement. Quel que soit le responsable de demain, il aura à gérer des situations aggravées par la baisse des ressources financières. Il devra constamment arbitrer entre la maintenance d’infrastructures, réalisées parfois en dépit du bon sens, et la promotion d’autres qui se révèleront indispensables. L’emploi et l’équilibre régional représentent les défis majeurs à relever. Ce ne sont pas les compétences qui ont exercé pendant les 15 dernières années qui pourront les relever. D’autant que la nature de l’évolution du monde et sa vitesse exigeant la vigueur physique, la vivacité intellectuelle, une énorme capacité de travail et de synthèse et le pragmatisme dans l’appréciation des situations régionales et internationales.

-Comment voyez-vous le rôle de l’armée dans cette période délicate que traverse le pays ?

**L’armée se tient en dehors des jeux politiques. Elle assure et garantit les conditions d’exercice de la volonté populaire sous tous ses aspects. Les dernières déclarations du chef d’état-major sont, sur ce plan, rassurantes. Il n’y a aucune raison de douter. Elle est l’ultime recours de la nation. Par exemple si le scrutin est faussé, avant même sa tenue, par l’usage de pratiques qui ne satisfont pas à l’égalité totale des chances des protagonistes engagés.Et si, en cas de contestation des résultats, l’appareil judiciaire ne tranche pas en faveur de la volonté populaire telle qu’exprimée dans les urnes, le recours sera alors l’armée. Elle devra alors prendre ses responsabilités pour faire respecter cette volonté. Sinon, c’est la rue qui pourrait en décider. Elle devra protéger la nation contre une confiscation des moyens de l’Etat par une clique. Elle devra, ensuite, organiser à une date rapprochée, qui n’excéderait pas 6 mois, une autre consultation électorale pour élire le futur chef de l’Etat. Mais souhaitons qu’un tel scénario sera évité. Et que la sagesse l’emportera.

-L’idée de la nécessité de la mise en place de la deuxième République par le truchement d’une période de transition politique rencontre de plus en plus d’adeptes dans la classe politique…

**Qui décidera des acteurs ? Qui doit piloter les travaux ? Va-t-on retrouver le fameux turn round du dialogue national des années 1990 avec des personnalités dites nationales fabriquées par le système ? Qui se souvient de ces fameuses personnalités censées avoir représenté l’opinion nationale ? Que représentent les partis politiques sans le filtre d’élections pour évaluer leur poids ? Comment établir la représentation régionale et territoriale ? A mon avis, autant le terme est alléchant, autant la mise en œuvre efficace d’une telle initiative est délicate, voire impossible à mener sans susciter des contestations de toutes parts. Des querelles de toutes natures remettraient en cause le consensus dégagé lui-même. Il faut d’abord donner la parole au peuple.

Le pays est pressé par le temps. Il faut aller vite pour le remettre sur les rails. Il reste peu de moyens pour redresser la barre. Le langage de la vérité doit imprégner le discours politique. Ce dernier doit retrouver impérativement la crédibilité indispensable. Il doit s’affranchir des agendas des uns et des autres pour fixer un cap au pays. Je pense que le prochain scrutin représente une précieuse opportunité pour vaincre le système de pouvoir et placer la société au centre de l’arène politique. Evincer le système-candidat au profit du candidat indépendant le mieux placé, de façon pacifique, par la seule volonté populaire, en une journée, représentera dans les annales politiques du pays une date majeure pour le destin de notre peuple.

Ce ne sera pas la fête préconisée par les partisans du système et comparée impudemment à celle de l’indépendance, mais celle d’un pays qui renaît. Celle d’un peuple qui reprend pleinement en main son destin. Celle d’une jeunesse avide d’inscrire sa trajectoire dans le monde d’aujourd’hui. Un scrutin qui signifiera que toutes les fonctions électives seront désormais sous le contrôle populaire. Un choc salvateur.

-Comment voyez-vous le ciel de l’Algérie au lendemain du 17 avril ?

**Je reste optimiste. Je pense que la classe politique se hissera au niveau des espérances de son peuple pour lui épargner les souffrances d’un changement brutal et dans le chaos. Ou encore un changement fragile, par des combinaisons bancales. Le prochain scrutin représente une opportunité de changement qui lui permettra de cultiver une ambition qu’autorise son histoire et en particulier son impressionnante lutte de Libération. Les sacrifices consentis par notre peuple méritent bien un renoncement à d’éventuels egos, même légitimes.

-La visite à Alger du secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a été diversement commentée. Que faut-il retenir de cette visite en pleine campagne électorale ?

**A mon avis, c’est une visite ordinaire qu’a effectuée le secrétaire d’Etat américain dans le cadre de son job. D’ailleurs, il l’a prolongée en se rendant dans le pays voisin.**Omar Berbiche-El Watan-10.04.2014

 

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**L’après-17 avril 2014, enjeu de la guerre des clans

Pour certains, les deux clans qui s’affrontent représentent les deux faces d’une seule pièce et finiront par se neutraliser Pour d’autres, cette guerre vise le dernier rempart qui fait obstacle au quatrième mandat. Dans les deux cas, l’enjeu de cette confrontation est l’après-17 avril, parce qu’il sera question de l’avenir politique des uns et la survie des autres.

Au fur et à mesure que l’échéance du 17 avril approche, la guerre des clans fait rage et donne une piètre image des institutions de l’Etat. Si pour certains, le résultat ne sera que bénéfique pour l’Algérie, en espérant que les deux clans qui s’affrontent finiront par se neutraliser et quitter le pouvoir, pour d’autres, le pire est à craindre parce qu’au centre de cette lutte, il y a un enjeu considérable lié à l’avenir des intérêts des uns après la Présidentielle.

Pour comprendre les dernières décisions de mise à la retraite d’officiers supérieurs du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), il faudra revenir au mouvement opéré dans les rangs du Département, en décembre 2011, lorsque le patron du DRS, le général Toufik, avait procédé à des changements au sein des structures qu’il chapeaute. «Rappelez-vous, il avait fait appel au général Athmane Tartag, dit Bachir, pour remplacer le général Abdelkader Kherfi, plus connu sous le nom d’Ahmed, relevé de son poste et envoyé à la retraite, qui dirigeait la Direction de la sécurité intérieure (DSI). Tartag était connu comme étant le protégé de Toufik, tout comme d’ailleurs le général Mhenna Djebar, auquel il a confié en 2005 la Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA), qui dépendait de son département. Jusque-là, toutes les décisions étaient signées par le président de la République.

Les problèmes ont commencé avec les enquêtes économiques ouvertes après la création du service de la police judiciaire dépendant du DRS. Les affaires de corruption que les officiers vont élucider touchent directement les hommes les plus proches du Président. Est-ce que les investigations ciblaient délibérément le clan de l’Ouest ? Le fait est que le cœur même de l’entourage le plus proche de Bouteflika  est éclaboussé avec des preuves accablantes, confirmées  plus tard par le contenu des réponses des nombreuses commissions rogatoires adressées aux tribunaux étrangers et auxquelles personne ne s’attendait. Tayeb Belaïz, alors ministre de la Justice, va tout faire pour que l’ancien ministre de l’Energie ne soit pas inquiété», expliquent nos sources. Pour celles-ci, le général Toufik était à cette époque encore en position de force.

«Son proche collaborateur, le général Mhenna, a même eu le feu vert pour écarter de nombreux officiers, que l’on disait proches du clan de l’Ouest, en les mettant à la retraite, et pour certains avant l’âge, suscitant une colère dans les rangs, mais aussi au cabinet de la Présidence, que chapeaute de loin Saïd Bouteflika, le frère du Président. Les révélations de la justice italienne vont pousser le ministre de la Justice, Mohamed Charfi, alors en disgrâce (auprès du Président) d’aller jusqu’au bout de l’enquête, en annonçant, par le biais du procureur général près la cour d’Alger, le lancement d’un mandat d’arrêt international, contre Chakib Khelil, son épouse et ses deux enfants. Ce qui lui vaudra son poste, peu de temps plus tard, et quelques actes de la procédure se voient ainsi annulés, sur pression de certains milieux, dans le but de rendre le mandat inexécutable, en attendant mieux», révèlent nos interlocuteurs, qui précisent que le départ de Charfi a coïncidé avec celui du général Abdelmalek Guenaïzia en tant que ministre délégué à la Défense, et la suppression de ce poste aux larges prérogatives  pour le remplacer par celui de vice-ministre de la Défense confié au chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah.

«Vice-ministre, un cadeau qui fait de l’officier supérieur un fidèle allié du clan présidentiel»

«Pour la première fois dans l’histoire, il y a cumul de deux postes  aux intérêts contradictoires. Un chef d’état-major, censé être sur le terrain, ne peut pas se charger d’une fonction politique de vice-ministre, qui siège en Conseil des ministres. C’est du jamais vu. Gaïd Salah se retrouve ainsi avec de lourdes et très larges prérogatives. Un cadeau qui fait de l’officier supérieur l’allié fidèle du clan présidentiel. Il va être derrière le mouvement de la fin septembre 2013, qui a vu les plus proches de Toufik écartés», souligne-t-on. C’est ainsi, ajoutent nos sources, que le général-major Mhenna a été sommé de céder son poste à la tête de la DCSA au général-major Lakhdar Tirèche, pour revenir à son service d’origine, le DRS, et diriger le bureau d’organisation qui dépend directement du général Toufik. Une nouvelle organisation des services du renseignement est mise en place. En filigrane, elle vise d’abord la dissolution du service de la police judiciaire, créé en 2006 par décret présidentiel, qui menait des enquêtes sur la corruption, mais aussi l’affaiblissement du général Toufik, à travers l’élimination d’un certain nombre de ses hommes de confiance. Ainsi, Bachir Tartag se retrouve une seconde fois sur une voie de garage. Il est démis de son poste à la tête de la DSI pour être remplacé par le général Ali Bendaoud.

«Le clan présidentiel se renforce par Gaïd Salah devenu son allié principal. Dans sa logique d’isoler le dernier rempart qui fait obstacle aux partisans du quatrième mandat, le Conseil supérieur de la fonction militaire a été convoqué pour une réunion extraordinaire le 14 janvier dernier. Cette instance a été créée en février 2006, en vertu d’une ordonnance présidentielle et dont la mission est de gérer la carrière des militaires. Elle est présidée par le chef d’état-major, c’est-à-dire Gaïd Salah, et constituée par le secrétaire général du ministère de la Défense, les chefs des forces aériennes, marines, terrestres, de la défense du territoire, de la Gendarmerie nationale, des six commandants des régions militaires et du patron du DRS. La réunion a eu lieu au siège du ministère de la Défense, au lendemain du départ du Président en France. Le débat a tourné surtout autour de trois généraux du DRS, Djebbar, Chafik (qui s’occupait des enquêtes économiques) Hassen (chargé de la lutte antiterroriste), ainsi du colonel Fawzi, tous mis à la retraite à partir du 1er février, après avoir appliqué l’article 20 de l’ordonnance 06/02 du 28 février 2006 à leur encontre.

Si pour Djebbar, les griefs retenus pour son départ à la retraite, étaient liés à des supposées affaires, pour le général Chafik, les accusations portent sur les procédures relatives aux enquêtes menées par le DRS, notamment celles de l’autoroute et de Sonatrach. En ce qui concerne le général Hassan, le conseil l’a mis à la retraite pour une affaire qui remonte à quelques mois. Il aurait envoyé son unité de lutte contre le terrorisme pour une opération de récupération d’un lot d’armement qui devait être convoyé du nord du Mali vers l’Algérie sans aviser le commandant de Région. Erreur ou pas, la sanction a été d’abord appliquée aux éléments du général Hassan, qui ne rend compte de ses actes qu’à son chef hiérarchique, à savoir le général Toufik. Lors de cette réunion du conseil, cette affaire a été ressortie pour mettre à la retraite le général Hassan à partir du 1er février.

Se sentant lésé par cette décision, le général Hassan a résisté, ce qui lui a valu une poursuite devant le tribunal militaire qui l’a placé sous contrôle judiciaire pour n’avoir pas informé le commandant de Région de la mission de ses éléments au sud du pays», révèlent nos interlocuteurs, qui confirment que «l’administration du centre de repos familial militaire de Sidi Fredj, où réside le général, avait coupé l’électricité et le gaz pour le pousser à déménager. Il a fallu l’intervention du général Toufik pour que l’officier soit maintenu dans sa résidence».

Lors de la réunion du 14 janvier, souligne-t-on, «le général Toufik n’a rien dit. Il a entendu tout le monde et à la fin, il est rentré chez lui. Il n’a pas pris part au déjeuner offert par Gaïd Salah aux membres du Conseil. Ce qui a été considéré comme un affront». Pour nombre de nos interlocuteurs, si le fameux article 20 de l’ordonnance 06/02 de février 2006 devait être appliqué, une grande partie des dirigeants de l’armée serait déjà à la retraite. Cet article définit la limite d’âge et de durée de service des militaires de carrière. Ainsi, l’âge de la retraite obligatoire est de 64 ans et la limite de la durée de service de 42 ans pour les généraux de corps d’armée. La retraite des généraux-majors doit être obligatoire à l’âge de 60 ans après 38 ans de carrière, alors que pour les généraux, elle doit être prise à l’âge de 58 an, après 36 ans de service.

«Tous les commandants de région et les chefs des forces ont dépassé l’âge de la retraite»

Les colonels font valoir leur droit à la retraite à 53 ans après 32 ans de carrière, les lieutenants-colonels à 48 ans après 28 ans de service et les commandants à 45 ans après 25 ans de service. Mais tous les commandants de Région ainsi que les chefs des armées, les généraux-majors ont largement dépassé l’âge de la retraite et à aucun moment le conseil n’a pensé appliquer l’article 20. Bien sûr, Gaïd Salah, qui a dépassé les 70 ans, est couvert par le poste de vice-ministre qu’il cumule avec celui de chef d’état-major. Il sait que s’il venait à mettre en application les dispositions de l’ordonnance, tous les membres du conseil seraient mis à la retraite.

Mais, exception faite pour le général Toufik, ces derniers lui sont tous acquis. Pour l’instant, l’article 20 est utilisé comme arme pour pousser le général Toufik à la retraite. La sortie de Amar Saadani, le secrétaire général du FLN, n’était pas fortuite. Elle fait partie de la logique de revanche du clan présidentiel. Raison pour laquelle, Gaïd Salah, premier responsable de l’armée, dont dépend le DRS, n’a pas voulu répondre aux attaques violentes portées non pas contre la personne du général Toufik, mais contre l’institution qu’il représente. Nos interlocuteurs se disent «convaincus» que les déclarations du patron du FLN «lui ont été murmurées à l’oreille». Une manière de susciter la réaction de celui qui ne veut pas cautionner le quatrième mandat.

D’autres sources se déclarent plutôt optimistes dans la mesure où elles s’attendent à «une neutralisation» des deux clans qui s’affrontent. «Le général Toufik et Bouteflika sont les deux faces d’une même pièce. Ils incarnent le système. S’ils partent tous les deux, ils rendront un grand service au pays. Le général Toufik est en train de payer un choix qu’il a fait il y a 14 ans. Il avait cautionné le départ forcé de bon nombre de ses proches, comme le défunt général Lamari et plusieurs généraux et colonels, dans le but de permettre à Bouteflika d’asseoir son pouvoir. A son tour, il est rattrapé par ce dernier, pour garder le palais d’El Mouradia ou pour le remettre à un candidat qui garantira à sa famille l’immunité.» Même s’ils divergent sur quelques points, les deux avis se rejoignent pour faire de l’après-17 avril le véritable enjeu de cette guerre des clans qui donne une piètre image du pays.**Par Salima Tlemçani-El Watan-.2014